TOUTES LES FETES JUIVES SONT ANNONCIATRICES D’UNE REALITE SPIRITUELLE QUI PREND FORME A LA VENUE DE JESUS-CHRIST.
Roch Hachana, c’est la fête du Nouvel An dans le calendrier juif.
Elle correspond un peu à notre Nouvel An chrétien, mais les deux ne se ressemblent pas tant que ça au premier abord. Et pourtant, il y a entre elles une ressemblance étonnante, comme une image en miroir, qui donne à réfléchir.
Déjà, elles ne tombent pas du tout à la même période :
Le Nouvel An chrétien se célèbre dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier,
alors que Roch Hachana a lieu en septembre ou en octobre, selon les années.
L’ambiance aussi est très différente :
Chez les Juifs, la fête suit un rituel religieux très précis ;
Chez les chrétiens, c’est plutôt cotillons et confettis.
Finalement, le seul vrai point commun, c’est l’idée de marquer le passage d’une année à l’autre. Mais même là, la différence saute aux yeux : le calendrier hébraïque affiche l’année 5785, quand le calendrier chrétien indique 2025.
Alors, qu’est-ce qui rend Roch Hachana si particulière, au point de mériter qu’on s’y attarde ? La réponse se trouve dans son rituel. Prenons un instant pour le découvrir.
Le rituel de Roch Hachana se déroule en quatre grandes étapes :
- Roch Hachana lui-même, qui dure deux jours.
- La Techouva, un mot hébreu qui signifie repentance. On parle alors des dix jours redoutables. Ce sont dix jours pendant lesquels les Juifs sont invités à plonger au plus profond d’eux-mêmes, à faire face à leurs fautes, à leurs blessures, et à ressentir le besoin sincère de se repentir.
- Yom Kippour, le jour du grand pardon.
- Enfin, la lecture du livre du prophète Jonas, qui vient clore la célébration de Roch Hachana dans la liturgie juive.
LA TECHOUVA
Ce sont dix jours pendant lesquels les Juifs sont invités à faire une véritable introspection à examiner leurs actions, leurs pensées, et le fond de leur âme.
C’est un temps pour affronter ce qui fait notre humanité : la culpabilité, la conscience de nos limites, et la souffrance.
Ces trois dimensions définissent le cadre de notre condition humaine.
Comme le dit la tradition :
« Revenez de tous vos péchés pour qu’il n’y ait plus pour vous d’occasion de faute. Faites-vous un cœur nouveau et une âme nouvelle. »1
LE LIVRE DE JONAS
Jonas c’est l’histoire d’un prophète, à qui l’Eternel demande de se rendre à Ninive. Jonas se leva pour fuir à Tarsis, loin de la face de l’Eternel . Il faut préciser que les Ninivites, particulièrement cruels, sont les ennemis jurés des Hébreux.
« La parole de l’Eternel fut adressée à Jonas, va à Ninive la grande ville et crie contre elle car sa méchanceté est montée jusqu’à moi »2
Mais dans la traversée, le navire qu’empreinte Jonas pour fuir, subit une grande tempête provoquée par Dieu. Jonas avoue aux marins être la cause de ce désastre. Les marins le jettent à l’eau et la tempête s’apaise. Jonas, quant à lui, est avalé par un grand poisson
« Tu m’as jeté dans un bas-fond au cœur des mers, et les courants d’eau m’ont environné, toutes les vagues et tous les flots ont passé sur moi. Et moi je disais, je suis chassé loin de tes yeux. Mais je contemplerai encore ton Saint Temple. Les eaux m’ont couvert jusqu’à la gorge, l’abîme m’a enserré, des joncs se sont noués autour de ma tête. Je suis descendu jusqu’aux ancrages des montagnes, les verrous de la terre m’enfermaient pour toujours »3
Au creux du ventre de l’animal Jonas ne voit pas d’issue à sa désastreuse situation. Sa désobéissance l’a conduit à une noyade assurée. Les litres d’eaux ingurgités par le poisson l’étouffent et les joncs le retiennent prisonnier.
Dans leur interprétation de ce texte biblique, Les juifs font le parallèle entre le séjour dans le ventre du poisson et le moment d’introspection demandé lors de la Techouva. C’est pourquoi la lecture du livre de Jonas lors de la célébration du Roch Achana est chargée de sens.
Jonas repentant, se tourne vers l’Eternel :
« quand mon âme était abattue au-dedans de moi, je me suis souvenu de l’Eternel. Et ma prière est parvenue jusqu’à toi jusqu’à ton saint temple. Ceux qui s’attachent à de vaines idoles éloignent d’eux la bienveillance… le salut appartient à l’Eternel »4
Finalement Dieu ordonne au poisson de rejeter Jonas sur la terre ferme. Puis Il demande de nouveau à Jonas de se rendre à Ninive. Jonas se lève et s’y rend. Après la prédication de Jonas, Les Ninivites dans leur grand ensemble se repentent.
YOM KIPPOUR
La Techouva s’achève avec Yom Kippour.
En hébreu, « Yom » signifie jour et « Kippour » veut dire couvrir.
C’est le jour du grand pardon, un moment de réconciliation et de purification qui revient chaque année à l’occasion de Roch Hachana.
Ce pardon rituel, dans la tradition juive, fait écho pour les chrétiens au sang du Christ versé sur la croix pour couvrir les péchés de l’humanité.
Le sacrifice de Jésus apporte un pardon définitif : il efface nos fautes, nous libère de la mort et nous ouvre l’accès au Père, qui choisit d’oublier nos manquements.
« C’est moi, moi qui efface tes crimes pour l’amour de moi, et je ne me souviendrai plus de tes péchés. »5
« Je leur donnerai un même cœur et je mettrai en vous un esprit nouveau.
J’ôterai de leur corps le cœur de pierre et je leur donnerai un cœur de chair. »6
Pour les chrétiens, cette expérience évoque la conversion : un changement intérieur profond et définitif. Alors que, pour les Juifs, Yom Kippour est un grand pardon que l’on se renouvelle chaque année, les chrétiens voient en la croix un pardon accordé une fois pour toutes, par la grâce et le sang du Christ.
Aux portes du pardon on trouve une croix qui porte ce message :
« Crois et tu seras sauvé »7
Le yom kippour, c’est le pardon accordé par grâce par le Seigneur Jésus-Christ. Et désormais, ce ne sont plus nos péchés que notre Dieu voit mais Il voit le sang versé par notre Seigneur Jésus Christ et répandu à la croix pour chacun d’entre nous. Le Yom Kippour vient d’être célébré par les Juifs.
Mais le sens du yom kippour leur échappe s’ils pensent s’exonérer du péché par leur propre pardon.
Alors que Christ nous rachète par son sang lui, l’agneau de Dieu qui règne éternellement.
« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique pour que quiconque croit en Lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle » 8
Conclusion
Toutes les fêtes juives ont une signification profonde que l’on peut comprendre à la lumière du Nouveau Testament.
Guidés par le Saint-Esprit, nous recevons la révélation de qui est notre Père, et de son Fils Jésus-Christ, notre Seigneur.
Notre propre vie, d’une certaine façon, ne ressemble-t-elle pas à celle de Jonas ? Une traversée. Entre les mains du Christ, nous sommes en sécurité rien ni personne ne peut nous arracher à sa protection.
Mais cela ne veut pas dire que nous serons épargnés par les épreuves.
Ces moments difficiles font partie de notre chemin de sanctification : ils nous apprennent à dire, non pas
« je fuis », mais « qu’il en soit fait selon ta volonté ».
1 Yona de Geronne Rabbin Juif du XIII siècle « Les Portes du Repentir »
2 La Bible version « la Colombe » Jonas 1 ; 1-2
3
La Bible version « la Colombe » Jonas 2 ; 4-7
4 La Bible version « la Colombe » Jonas 2 ; 8-10
5 La Bible version « la Colombe » Esaie 43 ; 25
6 La Bible version « la Colombe » Ez 11 ; 19
7 La Bible version « la Colombe » Actes 16 ; 31
8 La Bible version « la Colombe » Jn 3 ; 1
